Augmenter la production alimentaire de 70% d’ici à 2050, c’est le défi posé pour préserver la sécurité alimentaire mondiale ; à la clé une « révolution doublement verte »
A long terme, les incertitudes autour des conditions climatiques, des facteurs macroéconomiques, des interventions politiques, et tout particulièrement des prix de l’énergie, laissent prévoir que les prix des produits agricoles resteront imprévisibles, estiment l’OCDE et la FAO dans leur rapport. « Perspectives 2010-2019 »
Cette volatilité des prix, même à très court terme, représente une menace à la fois pour la viabilité des exploitations (prix bas) et pour la sécurité alimentaire (prix élevés). La production agricole mondiale est destinée à augmenter au cours de la prochaine décennie, même si cette croissance est plus faible que celle constatée lors de la précédente. Pour nourrir les 9 milliards d’habitants que comptera la planète en 2050, il faudra augmenter la production alimentaire de 70%, soit à un rythme de 1,5% en moyenne annuelle. Ce rythme de croissance permettra à la production de céréales de satisfaire une consommation équivalente à celle d’aujourd’hui, soit entre 400 et 1500g/jour/personne.
90% de cette augmentation sera otenue par des rendements plus élevés et l’accroissement de l’intensité culturale, et 10% par l'exploitation de nouvelles terres arables. Ce rapport sera de 80/20 dans les pays en développement, où les superficies cultivées auront augmenté d’environ 120 millions d’hectares, principalement en Afrique Subsaharienne et en Amérique Latine.
Ils sont le seul moyen dont dispose l’humanité pour augmenter substantiellement les rendements à l’hectare et donc limiter l’extension des terres agricoles au détriment d’un couvert forestier déjà mis à mal. L’Amérique du Nord, l’Europe occidentale et l’Asie consomment les quatre cinquièmes de la totalité des engrais épandus dans le monde. La Révolution Verte a fortement augmenté, dans les pays d’Asie qui l’ont appliquée, la productivité des trois principales cultures alimentaires de base, riz, blé et maïs. L’Inde, par exemple, qui a souffert de la famine jusqu’aux années 1960 est devenue une grande puissance agricole.
Pourtant, il y a encore de la marge pour une seconde Révolution Verte en Inde et dans les autres pays d’Asie qui ont appliqué la première tels que le Pakistan, l'Indonésie, les Philippines, le Vietnam et la Thaïlande.
Mais c’est en Afrique sub-saharienne et dans les pays en développement que se trouve le plus grand gisement d’accroissement des rendements ; c’est là aussi que se trouvent les 450 millions de petits agriculteurs qui seraient susceptibles d’apporter l’excédent d’offre mondiale nécessaire pour satisfaire les besoins de la planète. C’est donc bien en Afrique qu’une première Révolution verte aurait les plus grands effets.
Aujourd’hui des solutions existent pour bénéficier des avantages indéniables de la fertilisation, tout en prévenant et en éliminant l’effet potentiellement néfaste des engrais, y compris phosphatés, sur l’environnement. Elles sont résumées dans le concept de révolution agricole « doublement verte », capable d’accroitre les rendements tout en respectant les écosystèmes et l’environnement.
Cette pratique de l’agriculture raisonnée, « la bonne dose d’engrais, au bon endroit, au bon moment », a permis de faire chuter l’utilisation d’engrais chimiques à partir de 1990 : de 20% en dix ans en France par exemple.
Pour OCP, cette baisse de la consommation sera largement compensée par l’accroissement des besoins en engrais dû à la croissance démographique, aux exigences de la sécurité alimentaire globale, et à la demande croissante de l’industrie des biocarburants.
Aussi, le Groupe est-il engagé dans une action susceptible de nourrir les hommes grâce à des solutions technologiques permettant une agriculture de précision : optimisation de la gestion des parcelles en ajustant les apports au plus près des besoins de la plante et en réduisant l’impact de l’agriculture sur l’environnement. Le Groupe a aussi mobilisé sa Direction Recherche et Développement dans des projets destinés à mettre au point des engrais adaptés à différents besoins spécifiques. Pour répondre aux besoins de certains pays à faibles revenus, OCP étudie la possibilité d’une application directe de phosphate brut.

OCP joue un rôle économique et social important dans les cinq régions où sont implantés ses centres miniers et industriels et où il crée richesse et emplois.
